Le chef d’établissement au coeur de la politique numérique de l’établissement

National Museum of Scotland 017Ce billet fait le lien entre les deux derniers dossiers d’actualité que j’ai réalisés, sur les chefs d’établissement (DA n° 73 - Quels leaderships pour la réussite de tous les élèves ?) et sur le numérique dans le secondaire (DA n° 79 - Pédagogie + Numérique = Apprentissages 2.0). Dans le dossier consacré au numérique, je mettais en avant le rôle primordial de la pédagogie pour un usage efficace des TICE. L’enseignant est en première ligne pour développer des usages numériques réfléchis chez les élèves.

Cependant, les chefs d’établissement ont une responsabilité importante dans la mesure où il lui revient de mettre en œuvre une politique numérique au sein de l’établissement, qu’il s’agisse de mobiliser l’équipe éducative autour d’un projet ambitieux, de proposer des actions de formation en lien avec le projet d’établissement ou encore de favoriser le développement d’une structure apprenante.

Je vous livre ci-dessous des extraits choisis du Dossier d’actualité n°79 :

Une étude finlandaise (Niemi et al, 2012) montre qu’une intégration réussie des TIC à l’école demande des qualités pédagogiques aussi bien qu’organisationnelles. Le rôle du leadership est essentiel pour développer une vraie culture d’établissement (« community-oriented approach »). Les chercheurs ont identifié six caractéristiques d’une intégration réussie des TIC :

  • composante intégrée au projet de l’établissement, elles font partie de la culture de l’école dans son ensemble ;
  • développement de méthodes d’enseignement apprentissage centrées sur les apprenants, qui favorisent la participation et l’autonomisation (empowerment), avec prise en compte des élèves à besoins éducatifs particulier et réorganisation des salles de classes dans certains cas ;
  • existence de curricula flexibles réorganisés en fonction des besoins des élèves ;
  • investissements importants dans la communication notamment à destination des parents, de la communauté autour de l’école, etc. ;
  • leadership et management optimum : encouragement, support, organisation ;
  • implication forte du personnel, avec une culture du partage et du travail d’équipe, et l’acceptation de la prise de risque (où les essais et les échecs sont acceptés).

 

D’après un rapport de l’UNESCO, les conditions pour développer l’apprentissage mobile relèvent d’un leadership visionnaire et impliqué dans les établissements, de capacités technologiques (infrastructures et matériel), d’un développement professionnel cohérent (formation pédagogique, blended learning) et de politiques volontaires qui visent à promouvoir et soutenir les initiatives (Fritschi et Wolf, 2012).

 

En Angleterre, souvent considérée comme le « paradis des TIC », un rapport de 2007 du Becta montre que les établissements du secondaire sont bien équipés (ratio élève/ordinateur, TBI, etc.), mais qu’ils n’ont pas de stratégie en matière de TIC (ce que le Becta appelle e-strategy). L’implication de l’équipe de direction est un facteur de progrès significatif. Lorsque tous les facteurs sont favorables et que les résultats des élèves s’améliorent, on peut alors parler de e-maturity (Cros et al, 2010).

 

Au niveau européen, on assiste à une volonté politique de promouvoir des méthodes d’enseignement innovantes (apprentissage actif). La formation des enseignants, et surtout la formation initiale, est un vecteur essentiel de l’appropriation de compétences numériques nouvelles (voir à cet égard le rapport belge de Vandeput et Henry, 2012 et Fourgous, 2010). Les stratégies numériques (e-strategies) sont le plus souvent dévolues aux établissements, en lien avec les autorités locales ou parfois des agences indépendantes.

 

L’articulation entre ces curriculums et les pratiques de classe est à penser au niveau de l’établissement qui est l’échelon essentiel de la mise en œuvre des politiques numériques.

 

 

 

 

 

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2 comments

  • Au moment où je publie mon article, je tombe sur un entretien avec un chef d’établissement (C. Ferrandière) qui parle du rôle du chef d’établissement dans le numérique. C’est à lire ici : http://23janvier.org/c-ferrandiere-le-role-du-chef-detablissement-dans-le-numerique/

  • Bonjour Rémi,

    Je crois qu’il faut que tu ajoutes une variable à ton analyse : la collectivité territoriale. Il me semble difficule de lancer une politique numérique dans un établissement sans mettre en relation les intentions pédagogiques des enseignants et leur capacité à les envisager avec l’architecture de l’établissement, de la salle de classe, le CDI.

    Les politiques numeriques des lycées et collèges sont liées à la volonté de la collectivité à déborder le seul cadre de l’installation d’un ENT. Il faut ensuite penser les interactions entre pédagogie, systèmes numeriques, outils de types TNI, l’aménagement de la salle et les interactions humaines. Dans ce cadre global le programmiste est celui qui pourra donner des pistes.

    Bien à toi

    jean-Paul

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