edit du 29 mai 2014

Cet article ayant suscité beaucoup de commentaires, je vous invite à les lire attentivement. Des précisions sont apportées, qui viennent notamment atténuer un peu mes propos tenus ici et m’ont inspiré pour l’article suivant (De la nécessité de revoir constamment son schéma de veille)

Merci.

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J’utilise Scoop.it depuis un bon moment, et je dois dire que c’est un bien bel outil de curation. J’en avais d’ailleurs fait une présentation, suite à une webconférence qu’ils avaient organisée et que j’avais suivie.Je ne reviendrai pas sur l’intérêt de cette plateforme, qui peut apporter une réelle plus-value dans le cadre d’une veille thématique.

Oui mais voilà, comme beaucoup d’outils, les conditions d’utilisation évoluent, forçant les utilisateurs à passer à une version payante (la version pro) qui n’est pas donnée : presque 13$ par mois ! Ça fait une grosse somme, inenvisageable pour un individu. C’est pourquoi j’envisage de m’organiser autrement pour ma curation.

Pourquoi se détourner de Scoop.it ?

Plusieurs aspects me dérangent. Je terminais l’article mentionné ci-dessus par une inquiétude liée à la pérennité des données.  Je n’ai pas vu comment exporter le contenu que je publie sur Scoop.it pour le mettre ailleurs. De même, si je publie sur mon blog directement depuis Scoop.it, je ne sais pas ce qu’il advient de mon article de blog une fois que j’ai quitté Scoop.it, ou que le topic (le thème de curation) est supprimé. Il semble donc qu’il y ait une sorte de privatisation du contenu que je publie : il ne m’appartient pas vraiment et risque de disparaitre sans que je puisse faire quoique ce soit. Je me trompe peut-être, mais je n’ai pas trouvé comment faire des sauvegardes ou des exports.

Autre souci pour lequel j’ai bidouillé une astuce en utilisant IFTTT : mes « scoops » sont automatiquement envoyés sur Twitter. Or, le lien qui se retrouve sur Twitter pointe par défaut vers Scoop.it et non vers l’article original, ce qui oblige les personnes à cliquer plusieurs fois avant d’arriver à l’article mentionné. Je comprends la logique de la plateforme, d’autant que l’on peut laisser un commentaire sur notre Scoop qui apporte de la valeur ajoutée au signalement, mais en tant que lecteur, ça ne me satisfait pas. Là encore, c’est une sorte de privatisation du contenu.

Plus récemment, deux évolutions m’ont chagriné :

  • il y a quelque mois, alors que l’on pouvait dans la version gratuite, publier nos scoops sur 5 réseaux différents (twitter, facebook, linkedin, wordpress, pas exemple), cette limite a été revue à la baisse. Il n’est possible de publier que sur 2 réseaux. A moins de passer à la caisse. Ce qui faisait de Scoop.it un vrai outil de curation intéressant, qui pouvait rivaliser avec Hootsuite par certains aspects, s’avère être très limité dans ses possiblités.
  • Tout récemment, je constate que je ne peux publier que 10 scoops par jour. Si je souhaite signaler plus de 10 ressources, il faut passer à la version payante.

WordPress à la rescousse

Du coup, j’envisage sérieusement de me passer de Scoop.it. Tant pis pour les topics que je suis, tant pis pour ceux qui suivent les miens. Il reste Twitter. Et d’autres outils encore.

Mais en y réfléchissant, de la même manière que certains ont pensé utiliser WordPress pour remplacer Evernote, on peut aussi utiliser ce moteur de blog (ou un autre surement) pour remplacer Scoop.it : on peut imaginer une catégorie par topic (et il n’y a pas de limite). Le bookmarklet de WordPress permet de publier à la volée un article où l’on peut se contenter de mettre une phrase de commentaire (la valeur ajoutée de Scoop.it). Le lien et le titre de la référence que l’on souhaite mentionner sont récupérés automatiquement (comme avec Scoop.it). Alors, certes, il manquerait la fonction « réseau », la possibilité de suivre l’actualité de certains thèmes, ou de partager sur ce réseau le fruit de notre veille. Mais comme l’information circule par d’autres biais, notamment via Twitter (les scoops sont tous envoyés sur Twitter), le risque de louper quelque chose d’essentiel est minime : La redondance du web est en l’occurrence une bonne chose, une même information circule sur plusieurs réseaux.

Tout ceci ne remet pas en cause l’intérêt de l’outil, mais la recherche d’un bon compromis pour avoir un modèle économique satisfaisant est toujours délicat. Pour ma part, revoir à la baisse les possibilités de la version gratuite, au point de faire perdre l’essentiel de l’intérêt à l’outil, est une erreur.

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