Article de Bruno Devauchelle sur les fractures numériques cognitives

décembre 3, 2014 · Posted in société, tice ta toile 

Bruno Devauchelle a publié sur le site du Café pédagogique un article intitulé « Peut-on sortir des fractures numériques cognitives ?« . Je me permets de le reproduire ici (avec l’aimable autorisation de Bruno, que je remercie) car il fait écho à mes préoccupations sur le fossé culturel qui se creuse en ce qui concerne le (voir à ce sujet l’article de Internet Actu « Perdre son temps : la nouvelle fracture numérique« ).

Voici quelques extraits de l’article que je vous recommande de lire et mes commentaires :

 le numérique redonne de l’importance à l’image et au son, qui viennent compléter l’écrit.

« Le numérique augmente encore fortement cet accès aux savoirs en élargissant notablement l’espace de recherche, mais aussi en ajoutant à l’écrit les dimensions apportées par l’image, le son, l’animation, la vidéo. A la différence de l’écrit, l’image, le son, etc., sont accessibles d’une manière apparemment beaucoup plus simple et directe. Autrement dit l’accès à ces éléments est beaucoup plus immédiat que l’accès à l’écrit. On retrouve avec le multimédia ce qui a fait le succès des autres modes de transfert d’information, l’oral, l’image. Cette immédiateté est très séduisante, attirante pour celui qui lit peu ou pas. C’est probablement un des facteurs qui amènent le succès des écrans dans la population. Cela n’a pas supprimé l’écrit (Twitter, Facebook, sms…), mais cela l’a amené à ne plus être quasiment exclusif dans le cheminement vers les savoirs.  Mais si l’accès aux savoirs semble plus facile avec le multimédia en ligne, le passage du décodage à la compréhension reste difficile. L’information et la communication multimodales sont beaucoup plus complexes. C’est, semble-t-il, dans cette direction que se développent de nouvelles fractures liées aux usages du numérique. Ces nouvelles formes d’inégalités viennent renforcer les inégalités traditionnelles. »

Ensuite sont abordés les concepts d’ et de capabilité pour expliquer le potentiel que tout un chacun a de dépasser sa condition initiale et ne pas devenir « esclave du numérique ». J’ai abordé cette notion de l’empowerment dans deux précédents articles (ici et ici)

« Pour le dire plus simplement, il y a chez chaque humain un potentiel de dépassement de sa condition initiale. Cette vision assez individualiste, voire libérale pour certains, est le signe de la possibilité qu’il y a de ne pas être « esclave du numérique ». Ce discours donne espoir à l’éducateur confronté à des jeunes instrumentalisés parfois par les écrans. Mais comment concrétiser cet espoir au quotidien ? Certains proposent la notion d’engagement (pas au sens commun du terme). Ce terme qui recouvre un processus plutôt qu’un état, signifie « la capacité de quelqu’un à ne pas subir, mais, là aussi dépasser, ce qui est prévu pour lui ». Rendre possible « l’engagement » serait donc la première mission de l’éducateur. Travailler cette notion d’engagement est un vrai chantier pour des enseignants, des éducateurs, alors que la forme scolaire semble être un frein »

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