Persévérance scolaire

juillet 22, 2016 · Posted in éducation 

Je suis intervenu devant des IEN de la voie professionnelle dans le cadre du Plan national de formation, à Paris au début du mois, pour parler de persévérance scolaire. Approche différente, parce que plus positive, du décrochage scolaire à propos duquel j’interviens régulièrement depuis la publication de mon Dossier d’actualité « Décrochage scolaire : diversité des approches, diversité des dispositifs« . Pourtant, c’est bien de lutte contre le décrochage dont il s’agit, dans son volet prévention.

Je vous renvoie à l’article de blog que j’ai publié sur Éduveille, et vous propose ci-dessous le diaporama que j’ai présenté. Outre un bref rappel sur quelques chiffres du décrochage scolaire et une comparaison rapide avec d’autres pays, je rappelle que la notion de persévérance scolaire apparait explicitement dans la lettre de rentrée 2016-2017 de Mme la ministre, avec une insistance particulière sur la voie professionnelle,  et a fait pour la première fois l’objet d’une semaine dédiée cette année dans chaque académie.

Je présente la définition donnée par le CREPAS (Conseil régional de prévention de l’abandon scolaire – Saguenay-Lac Saint Jean) où la persévérance concerne la « poursuite d’un programme d’étude en vue de l’obtention d’une reconnaissance des acquis », le raccrochage ainsi que la « réinscription d’un individu à un programme d’études après une période d’absence plus ou moins longue ». La persévérance scolaire n’est pas synonyme de réussite scolaire, il s’agit d’encourager les jeunes et de les soutenir. Cela passe par une amélioration des conditions de vie et d’un bien-être psychologique. En fait, en France, on parlerait de climat scolaire.

Voici une définition donnée par les cahiers pédagogiques suite aux journées de la réussite éducative : le concept de persévérance scolaire « met en avant l’idée de faire des efforts (sans tomber dans l’acharnement ou la souffrance) en étant accompagné et celle de continuité du parcours scolaire du jeune, tout en sachant qu’il n’y a pas de modèle de réussite scolaire. La prise en compte est globale. Par ailleurs l’accent est mis sur la prévention du décrochage ».

Aux États-Unis, j’ai croisé la notion de grit pour parler de la disposition que l’on a, ou que l’on peut développer chez les individus, à poursuivre des objectifs à long terme avec passion et persévérance, qui fait écho à la notion de résilience, qui est une compétence qui apparait comme essentielle à développer chez les élèves (voir le resilience-based curriculum du Milwaukee, depuis 1998). Le site Edutopia y consacre une rubrique.

La résilience permet de rebondir. Les élèves résilients font preuve de plus d’autonomie, d’efficacité, d’ouverture, développent de plus grande compétences en résolution de problème, etc.

Bien sûr, cela ne suffit pas et il faut agir sur d’autres facteurs, parmi lesquels le sentiment d’appartenance à l’établissement semble important, ou la nécessité de voir pris en compte les besoins des élèves (besoin de sens, de relation de qualité, de bienveillance, de dignité, de justice, etc.).

Au final, au-delà des questions de persévérance, de motivation, ce qui semble être essentiel, c’est l’engagement des élèves dans leurs apprentissages. Je renvoie au dernier dossier que j’ai publié sur le travail personnel des élèves, et comment penser l’aide à apporter aux élèves pour que ce travail personnel soit rendu possible. Car il ne va pas de soi, il nécessite un vrai travail collectif au sein des établissements scolaires, en lien avec les partenaires impliqués.

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