Category Archives: éducation

Tour d’horizon sur la jeunesse : loin des clichés et des préjugés

Le dernier Dossier de veille que j’ai réalisé porte sur la . Je me suis un peu éloigné de l’école, mais pas tant que ça finalement : la jeunesse commence à se construire pour beaucoup à l’école.

J’ai pris beaucoup de plaisir à faire ce dossier, et j’ai beaucoup appris : d’abord, tout le monde n’est pas d’accord sur ce qu’est la jeunesse. Je ne parle même pas des différences entre les pays où les pyramides des âges sont inversées, qui de fait n’accordent pas le même statut à cette période de la vie. Pour moi, la jeunesse, c’était ce qui commençait après l’enfance. Mais ce n’est pas si simple. Si l’adolescence est effectivement perçue par certains comme « la première phase de la jeunesse », beaucoup estiment que la jeunesse commence après la scolarité obligatoire, ou après le lycée. La période entre 18 et 35 ans est souvent retenue pour parler de la jeunesse. Mais là encore, tout dépend des situations individuelles : un jeune de 23 ans, qui vit en ménage, a un enfant et un emploi stable sera considéré comme adulte, alors que l’autre de 35 ans, pas encore fixé, qui vit peut être chez ses parents ne le sera pas.

Je vous laisse découvrir ce dossier, dont je reproduis le résumé ci-dessous :

 

La jeunesse oscille entre la fascination et la peur qu’elle suscite dans la société : la volonté de rester jeune le plus longtemps possible se double de suspicion et de crainte envers cet âge difficile à cerner, que la société cherche à aider ou à canaliser.
Qui sont les jeunes ? Outre la difficulté à déterminer à quel moment commence et à surtout à quel âge se termine la jeunesse, cette dernière est difficile à appréhender : quelles sont les critères retenus pour définir cette période coincée entre l’enfance (ou l’adolescence) et l’âge adulte ? Si pour la Commission européenne est retenu l’âge de 14-25 ans, pour beaucoup d’auteurs, la tranche 18-35 ans paraît plus pertinente. Mais là encore, des différences existent entre pays, au sein du continent européen, mais encore plus entre les pays de l’hémisphère nord et ceux de l’hémisphère sud, tant les réalités sociales sont différentes.
Toujours est-il que la jeunesse fait dans nos sociétés occidentales l’objet de beaucoup d’attention de la part des politiques, locales, nationales et supranationales. Ces politiques révèlent la façon dont les sociétés perçoivent la jeunesse : soit cette dernière relève de la responsabilité des familles, soit de l’État, soit encore de la responsabilité individuelle du jeune. La perception qu’ont les jeunes de leur situation varie fortement d’un pays à l’autre : génération sacrifiée, peu sûre d’elle, devant s’affirmer face aux adultes déjà installés, ou génération positive, confiante, qui met à profit cette période pour « se trouver » et trouver sa place d’adulte dans la société. Les notions de dépendance et d’autonomie sont essentielles pour comprendre comment les jeunes naviguent entre deux âges et comment se passe la décohabitation (départ du domicile parental).
Mais sont-ils intrinsèquement différents de leurs aînés ? Cela ne se vérifie pas sur le plan des valeurs, qu’ils partagent avec leurs parents, rendant la distinction entre jeunes et adultes très floue. En fait, les différences sont plus fortes entre les jeunes de pays différents qu’entre les jeunes et leurs aînés au sein d’un même pays.
Pourtant, il semble que se dessine au fil du temps une jeunesse européenne, toujours plus ouverte à la différence, aux échanges, et plus prompte à communiquer avec ses pairs.
Le dernier Dossier de veille (n° 95) « Une jeunesse fantasmée, des jeunesses ignorées ? » se propose d’explorer cette période de la vie à partir de ce qu’en dit la recherche aujourd’hui.

 

 

Curated from ife.ens-lyon.fr

Pour citer ce dossier : Rémi Thibert (2014) . Une jeunesse fantasmée, des jeunesses ignorées ? . Dossier de veille de l’IFÉ, n°95
En ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=95&lang=fr

 

 

A propos du « braconnage pédagogique »

C’est marrant comment un article de blog peut parfois susciter des échanges sur Twitter de manière assez inattendue. J’ai publié un texte sur Éduveille suite à ma lecture du numéro 218 du Nouvel éducateur (Juin 2014), consacré au ?rique à l’école. Le sujet m’intéresse particulièrement et je suis curieux de savoir ce qu’en disent les mouvements pédagogiques, que j’ai fréquentés pour certains. J’ai toujours été étonné de la réticence, voire de la suspicion, que ces associations, ces militants (ça vaut pour les associations d’éducation populaire aussi) entretiennent à l’encontre du . Ce numéro ne fait pas exception à la règle, même si des articles sont plus positifs et font part de projets qui ont donné satisfaction. D’où mon billet sur Éduveille.

Je salue au passage le début de dialogue qui s’est établi, Catherine Chabrun m’ayant sollicité pour publier mon article dans le courrier des lecteurs (à paraitre à la rentrée apparemment).

Je suis ensuite interpellé sur Twitter par Ange Ansour, à propos du titre de son article que je reprends. Voici l’échange sur Twitter :

 

Puis d’autres twittos ont apporté leur contribution :  

Bon, tout ça m’a mené plus loin que prévu. J’avais déjà lu pas mal de choses sur le pédagogique (notamment sur le blog de Jean-Paul Moiraud), mais voilà que je découvre Michel de Certeau, à l’origine du concept de « braconnage culturel » dont Wikipedia nous dit (la mise en valeur de passages est de moi) :

 

Michel de Certeau assimile les producteurs de sens à des propriétaires terriens qui imposent le sens des biens culturels aux consommateurs, grâce à la règlementation des usages et accès. Il compare alors les consommateurs à des « braconniers » sur ces terres, au travers des mailles du réseau imposé, mais recomposant par leur marche propre leur quotidien. (…)

 

 

Les propriétaires élaborent des stratégies, des actions de contrôle de l’espace pour piéger les dominés qui, eux, mènent des actes de résistance (par exemple, zapper, débarrasser) consistant en des micro-libertés face au pouvoir, en une réappropriation de ce réseau imposé au consommateur, par l’intermédiaire de « ruses » ou « procédures ». Michel de Certeau élabore ainsi, en parallèle à la théorisation du système panoptique de Michel Foucault, surveillance et contrôle « par le haut » de la société, une théorie des tactiques de résistance au champ de l’autre, subversion mais de l’intérieur et de la base même du système. Si ceux qui écrivent semblent imposer leur pouvoir à ceux qui disent et font, de Certeau montre bien que les publics ne sont pas si dominés et restent actifs devant la réception des messages qu’on leur envoie, avec des paroxysmes critiques quand le « dire » s’écarte trop du « faire » (multiplication des épisodes mystiques du XVIIIe siècle ; prise de parole de mai 1968 ; théologie de la libération en Amérique du Sud, pour citer les domaines dans lesquels il était plus particulièrement impliqué).

 

 

On retrouve à peu près à la même époque cette analyse de la culture de masse chez Edgar Morin (dans L’Esprit du temps, 1962) en France, ou chez Richard Hoggart (The Uses of Literacy, 1957 ; traduit en français sous le titre de La Culture du pauvre, 1970) et Stuart Hall en Grande-Bretagne (« Encodage, décodage », 1977). De Certeau a contribué à développer l’étude des « médias-cultures » en France, alors délaissée, et sa contribution a plus tard été reprise par Éric Maigret et Éric Macé (dans Penser les médiacultures, 2005). Ces approches ont également été appropriées par l’histoire culturelle, notamment par les historiens modernistes Daniel Roche et Roger Chartier. Mais c’est surtout initialement aux États-Unis, où il enseigna, et où la « microhistoire » put s’épanouir dans le mouvement contre-culturel, que son œuvre connut d’emblée une réception très forte.

 

Curated from fr.wikipedia.org

 

Et voilà qu’un tweet me renvoie vers un diaporama qui explique la différence entre bricolage et braconnage :

Les citations ci-dessous sont tirées du diaporama :

Braconnage (de Certeau, 1980) : « forme collective d’intelligence pratique des instruments technologiques. Le braconnage tice des liens avec les autres et modifie l’organisation et les interactions sociales »

Bricolage (Levi-Strauss, 1962) : « art de faire avec ce que l’on a. C’est exécuter un grand nombre de tâches diversifiées dans un univers instrumental clot, avec un ensemble fini d’outils et de matériaux pour réaliser un projet déterminé. Tous les usagers du numérique bricolent avec les instruments qui les entourent« .

Ah tiens, encore une diapo qui parle de butinage (Plantard, 2011): « intuition, émotion et création catalysées dans la poïèsis numérique qui, par sérendipité, permet la rencontre poétique avec les univers numériques et les imaginaires qui les structurent« .

Mais là, ça devient plus compliqué pour moi…. Encore des concepts à creuser…

 

Numérique et pédagogie – article pour les Cahiers pédagogiques

Cahiers pédagogiques n° 514

J’ai rédigé pour les Cahiers pédagogiques n° 514 (Enseignant : un métier qui bouge) un article sur le ?rique à l’école. Il a dû être un peu raboté parce qu’il était un peu trop long. Je livre ici la version longue de l’article.

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La question de savoir s’il faut utiliser le ou pas à l’école n’est plus pertinente, tant le numérique s’est imposé dans tous les pans de la vie. L’école n’a plus le choix, c’est même pour elle le seul moyen de lutter contre certaines inégalités. Seulement, entre cette nécessité et une mise en place qui fasse réellement mieux apprendre, les enseignants se retrouvent un peu dépourvus. Read more

Intervention au colloque de l’AFDET : décrochage scolaire

AFDET

Je suis intervenu au colloque de l’AFDET en octobre 2013, qui avait pour intitulé « Gagner contre le décrochage scolaire, assurer une qualification : le pari est possible ». J’y ai présenté mon dossier sur le décrochage scolaire.

L’AFDET publie un Hors Série à sa revue « L’enseignement technique » avec les actes de ce colloque (mars 2014). Mon intervention y est intégralement retranscrite. Elle peut être lue ci-dessous

 

Afdet actes-colloque-2013-thibert.

Discriminations et inégalités à l’école : Dossier de veille de l’IFÉ N°90

Le Dossier de veille de l’IFÉ du mois de février 2014 porte sur les discriminations à l’école. Alors que la lutte contre les discriminations à l’école devient une priorité nationale, tout le monde n’est pas d’accord sur l’existence de discriminations à l’école. Certains préfèrent parler d’inégalités, de ségrégation ou d’ethnicité. Pourtant, le système scolaire et les pratiques enseignantes peuvent être génératrice de discriminations, inconscientes et non intentionnelles, mais générant un sentiment d’injustice préjudiciable.

Voici le résumé du dossier :

La lutte contre les discriminations à l’école n’est devenue une préoccupation politique que récemment et s’inscrit dans une prise de conscience grandissante au niveau des instances internationales et européennes en particulier. En France, la loi de 2008 permet une mise en conformité avec le droit européen, et la loi d’orientation et de programmation du 8 juillet 2013 reprend à son compte la lutte contre les discriminations à l’école.

Si les discriminations directes dans l’Éducation ne sont pas très fréquentes, les discriminations indirectes et systémiques sont très difficiles à repérer. Le concept de discrimination ne fait d’ailleurs pas l’unanimité, certains préférant parler d’inégalités, d’équité, d’égalité des chances ou encore d’ethnicisation des rapports. En France, les recherches en sociologie ont longtemps privilégié les rapports entre classes sociales. Pourtant, le concept de discrimination permet de renouveler la manière d’aborder les inégalités.

L’école, de par la place particulière qui est la sienne, se fait l’écho des discriminations à l’œuvre dans la société, et par son fonctionnement institutionnel peut même renforcer ces discriminations, jusqu’au sein même des établissements et des classes, à travers des pratiques pédagogiques parfois bienveillantes, des préjugés non conscients ou encore des manuels scolaires qui reproduisent des stéréotypes.

Ce Dossier de veille fait un état des recherches actuelles sur cette problématique des discriminations à l’école, aussi bien en France qu’à l’étranger. Les pratiques pédagogiques, les fonctionnements des établissements et de l’institution, la question du « vivre ensemble » (avec le concept de laïcité) et de la mixité (sociale, sexuelle, ethnique, etc.) sont des pistes à travailler pour lutter efficacement contre les discriminations à l’école.

Le dossier est à télécharger sur le site Veille & Analyses de l’IFE (pdf de 24 pages), et des commentaires peuvent être laissés sur le blog Eduveille, sous l’article de présentation.

Une affiche est également disponible (ci-dessous) si vous souhaitez diffuser l’information dans vos établissements.

Cardie de Lyon : état des lieux du décrochage

J’ai été sollicité par le CARDIE de Lyon (merci @MyriamMazoyer) pour faire une présentation du dossier sur le décrochage scolaire aux équipes des établissements de l’académie qui montent et font vivre des projets visant à prévenir le décrochage de leurs élèves. Cette présentation a eu lieu au collège Aimé Césaire de Vaulx-en-Velin, devant une douzaine d’équipes venant des trois département de l’académie.

J’ai remanié ma présentation sur laquelle je me base en insistant davantage sur ce qui se joue au sein de l’établissement et de la classe. J’ai rajouté des diapositives sur la bienveillance, qui peut faire baisser par deux le taux de décrochage sur un établissement, sur le développement de facteurs de résilience à développer chez les élèves (resilience-based curriculum dans le comté de Milwaukee aux États-Unis par exemple). Le souci de répondre aux besoins des élèves est aussi un élément favorable à la persévérance scolaire.

Le diaporama se trouve ci-dessous et est téléchargeable.

L’école : facteur de décrochage – Les Cahiers pédagogiques

J’ai rédigé un article pour les Cahiers pédagogiques (N° 509, décembre 2013) intitulé « L’école : facteur de décrochage », publié en ligne sur leur site. Il est basé sur le Dossier d’actualité que j’ai rédigé en novembre 2012 (lire à ce propos) intitulé « décrochage scolaire : diversité des approches, diversité des dispositifs« .

J’en profite pour vous inviter à lire ce numéro dont le dossier s’intéresse à « ce qui fait changer un établissement« . Il a été réalisé en partenariat avec Education & Devenir.

Biennale du numérique 2013 de l’ENSSIB : usages scolaires du numérique

J’ai participé à la Biennale du numérique 2013 organisée par l’ENSSIB à Villeurbanne et j’y ai fait une présentation sur les usages numériques dans le secondaire. Ma collègue Laure Endrizzi a présenté les usages dans l’enseignement supérieur.

Ma présentation est basée sur le Dossier d’actualité de novembre 2012 (Pédagogie + Numérique = Apprentissages 2.0). Je reproduis ci-dessous le diaporama qui a servi de support.

Rythmes scolaires : emballement médiatique et politicien

Ce matin, c’est l’avalanche d’articles sur les rythmes scolaires : mes flux rss débordent, ma timeline Twitter s’affole et France Inter y a consacré des chroniques du matin. Et je rage devant tant de mauvaise foi de la part des détracteurs de la réforme en cours qui concerne (en partie seulement) les rythmes scolaires. Je ne reviendrai pas sur la scandaleuse attitude de J-F Copé qui appelle à ne pas appliquer la loi.

Si je résume, c’est le fiasco pour les écoles qui ont mis en place les nouveaux rythmes. Bien entendu, aucune étude sérieuse à part des micro-trottoirs réalisés à Paris (dans quels quartiers ? auprès de quelle population ?) ou des blogs dédiés (« nos enfants méritent mieux »mis en place par NKM notamment ; non, je ne mettrai pas le lien, n’insistez pas).

Quand même, il y a des voix discordantes. Je vous invite à lire le blog de Lionel Jeanjeau (Rythmes des élites, rythmes du peuple, lire) qui estime que la réforme des rythmes ne plait pas à ceux qui avaient déjà l’opportunité d’offrir à leurs enfants des activités extrascolaires, mais qu’on se garde bien d’aller interroger les autres parents.

Je vous livre pour finir quelques tweets sélectionnés par mes soins :

 

 

 

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