A propos du leadership des enseignants…

février 5, 2016 · Posted in éducation, Leadership pédagogique, Ma veille · Comment 

Je suis intervenu cette semaine pour une journée des coordonnateurs MLDS dans l’académie de Lyon, pour y présenter mon dossier sur le décrochage scolaire. J’ai aussi été amené à jouer le rôle de « grand témoin » de la journée. Oui, celui qui est censé avoir une approche meta, distanciée de ce qui a pu être dit pendant la journée, et qui doit montrer qu’il est capable de faire des ponts entre différents points de vue. Je me suis prêté au jeu, mais ça fera peut-être l’objet d’un autre article.

Mais dans cette intervention finale, j’ai effectivement fait le lien avec le dernier dossier que j’ai co-rédigé avec ma collègue Catherine Reverdy, sur « le leadership des enseignants au coeur de l’établissement ». Et je me suis aperçu que je ne l’avais pas encore mentionné dans ce blog. Je rattrape donc le coup. Vous trouverez donc ci-dessous le résumé du dossier et la version pdf en ligne.

Le choix a été fait de conserver le terme de « leadership » dont aucune traduction française n’est vraiment satisfaisante. On y cause de tous ces « nouveaux métiers » ou « intermétiers » que l’on voit apparaitre dans nos établissements, et qui vont au-delà du coeur de métier des enseignants, à savoir l’enseignement disciplinaire face à une classe. Je ne suis plus devant élèves depuis 8 ans maintenant, depuis que j’ai rejoint l’INRP, devenu ensuite l’IFE (Institut français de l’éducation), mais j’aurais aimé pouvoir évoluer vers ces postes différents, qui permettent une autre approche des élèves, une autre façon de concevoir l’enseignement et de voir différemment le système éducatif.

Tous les détails ci-dessous !

Reverdy Catherine, Thibert Rémi (2015) . Le leadership des enseignants au coeur de l’établissement . Dossier de veille de l’IFÉ, n°104

Article de blog : Les enseignants, le collectif… et le leadership

Le résumé :

« Il est admis que l’échelon essentiel du changement en éducation est l’établissement scolaire. Après s’être intéressé à l’« effet professeur » et l’« effet établissement », sans arriver pour ce dernier à déterminer précisément ce qui relève de l’« effet chef d’établissement », la recherche reconnaît que c’est au niveau du collectif que cela se joue. Les pratiques de leadership des chefs d’établissement sont interrogées, mais aussi le rôle que les enseignants y jouent : tous sont susceptibles d’exercer un leadership au sein de l’établissement, auprès de leurs élèves, auprès de leurs collègues et auprès de l’ensemble de la communauté éducative, au sein et au-delà de l’établissement. Leur rôle apparaît comme indispensable dans la mise en œuvre des réformes éducatives, mais il peut être vécu comme un renforcement de la ligne hiérarchique avec la création d’échelons intermédiaires. Pour autant, les formations au leadership ont des effets positifs, et en premier lieu sur les enseignants (empowerment, confiance en soi, développement professionnel, etc.).

Ce dossier de veille aborde cette évolution vers des enseignants leaders, avant d’analyser les positions formelles de leadership, qui sont souvent bien ancrées et repérables, et de passer à des pratiques de leadership plus informelles, plus diffuses, qui sont considérées comment étant plus pertinentes et efficaces en ce qui concerne la réussite des élèves. La mise en place de communautés d’apprentissage et d’organisation apprenante ne va pas nécessairement de soi et implique un changement de culture professionnelle, qui n’est pas évident à mettre en place. »

http://www.slideshare.net/rthibert/dossier-de-veille-104

Autonomie des établissements dans l’enseignement agricole (rapport 2008)

février 5, 2015 · Posted in Leadership pédagogique · Comment 

Je suis en train de lire un rapport de 2008 sur l’Enseignement agricole (L’enseignement agricole à la croisée des chemins, 2008) et un passage concerne la nécessité de faire confiance aux établissements pour développer la qualité de l’enseignement. L’enseignement agricole a fait la preuve de son efficacité, et l’Éducation nationale gagnerait à regarder de plus près ce qui se passe dans les lycées agricoles et autres structures du type MFR (lire à ce sujet l’article que j’avais publié sur Éduveille : L’enseignement agricole, un laboratoire pour l’Éducation nationale ?).

Ce rapport date de 2008, l’enseignement agricole semblait en perte de vitesse et s’interrogeait sur la façon de rebondir. L’extrait ci-dessous est en page 12.


 

« Si l’on veut afficher clairement le choix de la qualité, plus que jamais il faut faire confiance aux établissements, développer leurs marges d’initiative, mobiliser le système national d’appui pour leur fournir des outils, des procédures, des cadres de réflexion opérationnels. Dans ces conditions, l’autonomie s’impose comme mode de fonctionnement et d’organisation autant que comme statut juridique. Plutôt que de changer la loi ou le règlement – tentation de facilité toujours latente – il est plus sûr d’aider les établissements à construire leurs propres outils de pilotage, à se doter de projets de longue durée, à organiser leur propre évaluation, à se saisir pleinement de façon dynamique des espaces d’autonomie que leur donne la loi. Les conditions juridiques de l’autonomie sont aujourd’hui reconnues comme satisfaisantes, à condition de leur apporter quelques touches complémentaires. C’est le projet qui doit lui conférer un sens, le projet d’établissement, véritable « constitution locale ». C’est le contrat pluriannuel avec les autorités administratives dont ils dépendent, État et Région, qui est le gage de la pérennité de leur action. Des lacunes ou des freins subsistent qui empêchent les conseils d’administration des établissements publics de mettre en œuvre une vision prospective: il est indispensable de réunir les conditions, essentiellement liées au management, du changement.
Ce qui fait la modernité du statut juridique de l’établissement, c’est la réunion en une seule structure des trois voies de formation professionnelle, la formation initiale scolaire, l’apprentissage, la formation continue. Elle autorise un projet cohérent, fait de l’établissement un interlocuteur crédible du Conseil régional, se présente comme un guichet unique pour les usagers demandeurs de formation. L’exploitation agricole et les ateliers technologiques complètent l’outil avec une capacité d’expérimentation et d’innovation au service du développement durable. »

Paroles de chef autour des pratiques de direction et de leadership scolaire

juillet 24, 2014 · Posted in Leadership pédagogique · Comment 

J’étais tombé sur une vidéo diffusée par Thierry Foulkes sur Google+ et Youtube sur des paroles de chefs d’établissement. Je profite de l’été pour les regarder plus attentivement et les mentionner de nouveau. Il s’agit en fait de trois vidéos éditées par la DRDIE du Ministère de l’Éducation nationale. Elles avaient d’ailleurs été publiées sur le réseau institutionnel Respire.

A la question de savoir quel autre nom on peut donner aux chefs d’établissements, on trouve, en vrac : pilote, manager, leader, pilote pédagogique, … Autant de terme qui font écho à des conceptions parfois différentes du rôle du .

Quant au leadership pédagogique, selon les personnes, ça peut évoquer : Read more

Lorsque l’intelligence collective est au coeur de la politique d’établissement

juin 16, 2014 · Posted in Leadership pédagogique, Ma veille · Comment 

Le portrait de Véronique Martin-Dubois, proviseure dans un Lycée des métiers à Pleyben en Bretagne, rédigé par Monique Royer pour le site des Cahiers pédagogiques fait chaud au cœur. La dynamique collective qu’elle a su mettre en œuvre semble porter ses fruits pour cet établissement qui connaissaient d’importantes difficultés. Je vous livre quelques passage de cet article, mais n’hésitez pas à aller lire l’intégralité sur le site d’origine.

Les passages que j’ai sélectionné font écho à ce que j’ai pu écrire ici ou là sur la nécessité de prendre collectivement à bras le corps les difficultés rencontrées dans les établissements scolaires. Ce n’est pas par une liberté individuelle (individualiste) que l’on fait face aux difficultés, mais par une construction collective des réponses, tant au niveau pédagogique que organisationnel. Read more

Y a-t-il un effet établissement ?

avril 1, 2013 · Posted in éducation, Leadership pédagogique, société · Comment 

Je rédige cet article en réaction à un tweet que j’ai lu la semaine dernière, publié par Louise Touret (productrice de l’émission Rue des écoles sur France Culture :

Elle relatait les propos de Yves Dutercq (sociologue) paru dans un article sur le site du Monde, intitulé « Essai de définition du « bon lycée » ». Il s’agit d’un interview du sociologue par Maryline Baumard. L’article ne parle pas spécifiquement de l’effet établissement, mais c’est ce passage que Louise Touret a choisi de reprendre pour signaler cet article. Et c’est cette phrase qui m’a fait tiqué.

Un bon lycée = des bons profs ?

Yves Dutercq essaie de définir ce qu’est un bon lycée, en précisant que ce qui fait un bon lycée n’est pas ce qui fait un bon collège, car on attend en général du collège qu’il socialise les élèves et du lycée qu’il les fasse réussir à l’examen. Ce qui fait un bon lycée, d’après lui, c’est d’une part l‘implication des enseignants « comme vecteurs des savoirs et comme soutien des élèves » et d’autre part les élèves qui donnent du sens à leurs apprentissages.

Effet établissement ?

C’est dans la deuxième moitié de l’interview qu’il dit que l’effet établissement n’est pas essentiel dans la réussite des élèves. Par contre, ce qui serait déterminant, c’est le projet de l’élève et le soutien de sa famille. Certes, un élève qui a un projet très clair, et dont la famille s’investit dans sa scolarité (l’accompagne dans son projet, adopte une stratégie scolaire cohérente, voire paie des cours de soutien pour y parvenir) a toutes les chances de réussir. Il me semble qu’il serait plus utile de regarder ce qui fait réussir des élèves qui n’ont pas cette chance, les élèves qui sont dans leur établissement de secteur, et dont les familles ne connaissent pas tous les rouages de l’Éducation nationale. Et pour ces élèves, je ne suis pas certain que l’effet établissement soit anodin.

Lors de mon audition au Sénat l’an passé pour la Mission d’information sur le métier d’enseignant, j’avais parlé de l’évaluation des enseignants et des établissements. Je me souviens avoir mentionné Bressoux qui disait effectivement que l’effet établissement était moins important (5%) que l’effet enseignant (10% – autant que l’origine sociale des élèves) pour la réussite des élèves, mais que ce rapport s’inversait dans les établissements difficiles : l’effet établissement est alors important.

Manque de collectif ?

Je m’interroge souvent sur l’effet établissement. D’après tout ce que j’ai pu lire, sur différents sujets relatifs à l’éducation, je suis de plus en plus persuadé que ce qui fait la qualité de l’éducation, c’est ce qui se passe au niveau collectif dans un établissement. Le travail d’équipe, la construction collective de la pédagogie, la prise de décision partagée sont des atouts pour la réussite des élèves. Or on ne peut pas dire que ceci soit très développé dans la culture française. Il suffit de voir comment les conseils pédagogiques ont du mal à exister, ou comment la liberté pédagogique (liberté individuelle de l’enseignant) est mise en avant pour justifier l’immobilisme parfois.

Or, l’action collective est plus développée dans les établissements accueillant des publics en difficultés. Probablement parce qu’ils n’ont pas le choix, les réponses à apporter ne peuvent être que collectives. Si dans les autres établissements l’effet établissement n’est pas très important, c’est peut-être justement parce qu’il n’y a pas cette appréhension collective des réponses à apporter. Mais si les équipes travaillaient vraiment ensemble, on peut imaginer que alors, l’effet établissement serait plus important qu’il ne l’est maintenant. Et surement que les même les élèves n’étant pas issus de familles « favorisées » pourraient mieux réussir.

L’effet établissement devrait être regardé de plus près. S’il ne compte pas beaucoup dans la réussite des élèves, c’est peut-être que le travail collectif est peu présent dans l’établissement, que l’on est plus dans la compétition que la coopération. Les objectifs de socialisation ne sont pas forcément opposés à des objectifs de réussite.

Quelques références :

  • Bressoux Pascal, « L’évaluation des enseignants : recommandations pour une réforme de l’inspection en France », in Weiss Jacques (éd.), Quelle évaluation des enseignants au service de l’école ? Actes du séminaire 2007, Neuchâtel, IRDP éditeur, 2008, pp. 19-28.
  • Endrizzi Laure et Thibert Rémi, « Quels leaderships pour la réussite de tous les élèves ? », Dossier d’actualité Veille et Analyses (73), avril 2012, p. 28.
  • Thibert Rémi, « Inspection scolaire : du contrôle à l’accompagnement ? », Dossier d’actualité Veille et Analyses (67), novembre 2011.
  • Da-Costa Lasne Annie, La singulière réussite scolaire des enfants d’enseignants : des pratiques éducatives parentales spécifiques ?, Dijon, Université de Bourgogne, 2012.

Le chef d’établissement au coeur de la politique numérique de l’établissement

décembre 22, 2012 · Posted in Leadership pédagogique, tice ta toile · 2 Comments 

National Museum of Scotland 017Ce billet fait le lien entre les deux derniers dossiers d’actualité que j’ai réalisés, sur les chefs d’établissement (DA n° 73 – Quels leaderships pour la réussite de tous les élèves ?) et sur le numérique dans le secondaire (DA n° 79 – Pédagogie + Numérique = Apprentissages 2.0). Dans le dossier consacré au numérique, je mettais en avant le rôle primordial de la pédagogie pour un usage efficace des TICE. L’enseignant est en première ligne pour développer des usages numériques réfléchis chez les élèves.

Cependant, les chefs d’établissement ont une responsabilité importante dans la mesure où il lui revient de mettre en œuvre une politique numérique au sein de l’établissement, qu’il s’agisse de mobiliser l’équipe éducative autour d’un projet ambitieux, de proposer des actions de formation en lien avec le projet d’établissement ou encore de favoriser le développement d’une structure apprenante.

Je vous livre ci-dessous des extraits choisis du Dossier d’actualité n°79 :

Une étude finlandaise (Niemi et al, 2012) montre qu’une intégration réussie des TIC à l’école demande des qualités pédagogiques aussi bien qu’organisationnelles. Le rôle du leadership est essentiel pour développer une vraie culture d’établissement (« community-oriented approach »). Les chercheurs ont identifié six caractéristiques d’une intégration réussie des TIC :

  • composante intégrée au projet de l’établissement, elles font partie de la culture de l’école dans son ensemble ;
  • développement de méthodes d’enseignement apprentissage centrées sur les apprenants, qui favorisent la participation et l’autonomisation (empowerment), avec prise en compte des élèves à besoins éducatifs particulier et réorganisation des salles de classes dans certains cas ;
  • existence de curricula flexibles réorganisés en fonction des besoins des élèves ;
  • investissements importants dans la communication notamment à destination des parents, de la communauté autour de l’école, etc. ;
  • leadership et management optimum : encouragement, support, organisation ;
  • implication forte du personnel, avec une culture du partage et du travail d’équipe, et l’acceptation de la prise de risque (où les essais et les échecs sont acceptés).

 

D’après un rapport de l’UNESCO, les conditions pour développer l’apprentissage mobile relèvent d’un leadership visionnaire et impliqué dans les établissements, de capacités technologiques (infrastructures et matériel), d’un développement professionnel cohérent (formation pédagogique, blended learning) et de politiques volontaires qui visent à promouvoir et soutenir les initiatives (Fritschi et Wolf, 2012).

 

En Angleterre, souvent considérée comme le « paradis des TIC », un rapport de 2007 du Becta montre que les établissements du secondaire sont bien équipés (ratio élève/ordinateur, TBI, etc.), mais qu’ils n’ont pas de stratégie en matière de TIC (ce que le Becta appelle e-strategy). L’implication de l’équipe de direction est un facteur de progrès significatif. Lorsque tous les facteurs sont favorables et que les résultats des élèves s’améliorent, on peut alors parler de e-maturity (Cros et al, 2010).

 

Au niveau européen, on assiste à une volonté politique de promouvoir des méthodes d’enseignement innovantes (apprentissage actif). La formation des enseignants, et surtout la formation initiale, est un vecteur essentiel de l’appropriation de compétences numériques nouvelles (voir à cet égard le rapport belge de Vandeput et Henry, 2012 et Fourgous, 2010). Les stratégies numériques (e-strategies) sont le plus souvent dévolues aux établissements, en lien avec les autorités locales ou parfois des agences indépendantes.

 

L’articulation entre ces curriculums et les pratiques de classe est à penser au niveau de l’établissement qui est l’échelon essentiel de la mise en œuvre des politiques numériques.

 

 

 

 

 

Le numérique à l’école primaire : intervention au CRDP de Lyon

décembre 21, 2012 · Posted in Leadership pédagogique, tice ta toile · Comment 

Suite à mon dossier d’actualité « Pédagogie + Numérique = Apprentissages 2.0« , j’ai été contacté par le CRDP de Lyon pour intervenir dans une journée d’étude à destination des Inspecteurs de l’Éducation nationale 1er degré (IEN TICE) et les Animateurs TICE (ATICE) de l’académie, intitulée « Usage pédagogique des outils numériques dans le premier degré« .

Je suis intervenu pour la conférence du matin aux côtés de Philippe Potier, chef de projet « Usages des TIC dans l’enseignement primaire » à la DGESCO. Mon dossier traite du numérique dans le second degré, mais la plupart des problématiques sont les mêmes pour le premier degré. J’ai ajouté quelques références quand même.

La principale différence est dûe à l’organisation spécifique du premier degré : les directeurs d’école ne sont pas des supérieurs hiérarchiques, la question du leadership pédagogique, essentielle en ce qui concerne le numérique, ne se pose pas de la même façon. Les écoles étant généralement de plus petite taille que les établissements du secondaire, l’échelon pertinent n’est pas l’établissement mais plutôt la circonscription. Le leadership pédagogique relève de l’IEN de circonscription et de son équipe (conseillers pédagogiques et animateurs TICE lorsqu’il y en a).

La fonction d’ATICE est intéressante : c’est un niveau intermédiaire qui n’a pas d’équivalent dans le second degré : ils interviennent auprès des écoles pour les aider, les soutenir dans leurs projets faisant appel au numérique. Ils assurent des missions de formation auprès des enseignants (des « pairs-experts« ) et doivent aussi seconder les directeurs pour la gestion des outils informatiques (Base élèves par exemple). Je vous renvoie au livre de François Villemonteix (2012) pour plus de détails. On pourrait imaginer une fonction identique pour les collèges et lycées : des personnes référentes sur un établissement ou un bassin de formation qui accompagnerait les projets TICE et pourraient aider à les mettre en cohérence aussi.

Les écoles primaires dépendent des communes pour tout ce qui concerne l’équipement. Les disparités importantes d’une commune à l’autre expliquent les différences d’équipement et d’accès au numérique. Le plan Ecole numérique rurale (ENR) a tenté de pallier ce problème (assez efficacement semble-t-il) en associant l’État aux collectivités locales pour les financements de manière contractuelle. Le financement concernait non seulement les équipements mais aussi l’accès aux ressources et à la formation. Certaines communes ont tendance à se rapprocher pour porter des projets de plus grande envergure (c’est le cas à Saint Étienne, mais aussi à Roanne) et proposer une démarche cohérente sur un territoire donné.

Vous trouverez ci-dessous le résumé de mon intervention, très largement inspirée du dossier d’actualité publié en novembre 2012. Le document n’est pas très bien résumé, il s’agit davantage de notes pour mon intervention.

Référence bibliographique :

Villemonteix François, Informatique scolaire à l’école primaire: Spécificités et devenir du groupe professionnel des animateurs TICE, [s. l.], Editions L’Harmattan, 2011.

Le numérique à l’école – CRDP Lyon – 20121211 from Rémi Thibert

« Participez davantage ». Histoire d’une appréciation coutumière…

décembre 18, 2012 · Posted in éducation, Leadership pédagogique · Comment 

Un article du Café pédagogique, daté du 17 décembre, que je vous invite à lire en cette période de conseils de classe, et donc de rédaction d’appréciations.
Yves Reuter s’interroge sur la notion de « participation » si souvent mentionnée dans les bulletins des élèves. Il apparait qu’il est difficile de définir ce que chacun entend par « participation » (une base minimun serait le fait de répondre à la question du prof en levant la main) et que son évaluation est de fait relativement arbitraire.

« Participez davantage ». Histoire d’une appréciation coutumière….

Autonomie des établissements : éléments de comparaison

décembre 15, 2012 · Posted in éducation, Leadership pédagogique · Comment 

Autonomie et responsabilisation

Le rôle et la fonction des chefs d’établissement évoluent largement depuis une trentaine d’année, dans un contexte marqué par une double tendance : une autonomie plus importante est accordée aux établissements ; cette autonomie s’accompagne d’une responsabilisation accrue, les établissements doivent rendre des comptes (en Angleterre, les rapports d’inspection d’établissements sont rendus publics). On assiste en parallèle à une pénurie croissante de candidats pour les postes de direction (ceci n’est pas vrai en France).

Dans cette évolution, Barroso distingue néanmoins deux modèles :

  • Celui initié par les anglo-saxons qui mènent une politique néolibérale accorde le libre choix de l’établissement par les parents et les met en concurrence.
  • Celui privilégié par les pays tels l’Allemagne, le Portugal, l’Espagne, l’Italie ou encore la France qui consiste à améliorer l’existant de accordant plus d’autonomie et en décentralisant le système.

Différents degrés d’autonomie

L’autonomie des établissements s’apprécie différemment selon les pays. Les pays du nord de l’Europe accordent une très large autonomie aux acteurs locaux (à l’échelon de la commune bien souvent). Ces pays ont une forte décentralisation politique. Les pays du Sud de l’Europe sont quant à eux peu enclins à favoriser l’autonomie des établissements. Au milieu se trouvent la Belgique et les Pays-Bas qui laissent une forte autonomie aux établissements, et l’Allemagne ou la France où les avancées sont timides et prudentes.

Quelle décentralisation ? Quelle responsabilisation ?

L’OCDE distingue deux modèles de décentralisation, selon qu’elle accorde la responsabilité à des instances locales (intermédiaires entre l’État central et les établissements) ou aux établissements eux-mêmes. Dans ce dernier cas, les parents, enseignants et représentants participent davantage aux prises de décision.

Mais la responsabilisation des établissements prend des formes diverses elle aussi :

  • Autonomie administrative et pédagogique : Pays Bas, Republique Tchèque ; Angleterre
  • Peu de marge de manœuvre (budget et RH) : Grèce, Turquie
  • Forte autonomie pédagogique et faible autonomie administrative : Nouvelle Zélande, Corée, Japon.

A qui rendre des comptes ?

Là encore, les situations sont très variables. L’Angleterre est la pays où la reddition de comptes à été poussée le plus loin, les rapports d’inspection des établissements sont rendus publics. Au Portugal, le chef d’établissement rend des comptes à l’assemblée qui l’a élu pour quatre ans. En France, ce sont les lettres de mission et les contrats d’objectifs qui servent pour l’évaluation des chefs d’établissement. En Italie, même si l’évaluation existe dans les textes officiels, elle n’a pas de réalité dans le quotidien des établissements.

Bibliographie

  • Endrizzi Laure, Thibert Rémi (2012). « Quels leaderships pour la réussite de tous les élèves ? ». Dossier d’actualité Veille et Analyses, n°73, avril.
  • AFAE (2010). « Équipe de direction, équipe enseignante ». Administration et éducation, n° 127, octobre.
  • Barroso Joao (2007). « L’autonomie et la gestion de l’école publique : Entre le marché, le managérialisme et la démocratie ». In Derouet Jean-Louis & Normand Romuald (dir.). L’Europe de l’éducation : entre management et politique. Lyon : INRP, p. 85-100.
  • Barzanò Giovanna (2011). « School autonomy and the new “accountabilities” of European education leaders : Case studies in England, France, Italy and Portugal ». Italian Journal of Sociology of Education, vol. 9, n° 3.
  • Eurydice (2007). Autonomie scolaire en Europe. Politiques et mécanismes de mise en œuvre. Bruxelles : Commission européenne.
  • OCDE (2011). « Autonomie et responsabilisation des établissements d’enseignement Quel impact sur la performance des élèves ? ». Pisa à la loupe, n° 9, octobre, p. 4.
  • Pont Beatriz, Nusche Deborah & Moorman Hunter (2008). Améliorer la direction des établissements scolaires, Volume 1 – Politiques et pratiques. Paris : OCDE.

Autonomie des établissements vs. autonomie des enseignants ?

décembre 5, 2012 · Posted in éducation, Leadership pédagogique · Comment 

(article mis à jour le 7 décembre 2012)

Le café pédagogique se fait l’écho d’un colloque qui a lieu en Suisse à l’Université de Genève, organisé par le Laboratoire de recherche Innovation Formation Education (LIFE). Ce colloque est intitulé : « Des écoles autonomes ? Rhétorique de la gouvernance et ambivalences des acteurs« . Voici les questions auxquelles tentera de répondre ce colloque :

  • « La question de l’autonomie des établissements scolaires n’est plus au coeur des débats sur les stratégies d’amélioration de la qualité et de la pertinence de l’éducation scolaire.
  • Elle reste une question digne d’intérêt, mais elle est difficile à poser clairement, compte tenu des ambivalences des acteurs, de la diversité des conceptions et de la faible visibilité des effets d’une plus grande autonomie.
  • Il est d’autant plus ardu de trancher que la rhétorique de l’autonomie peut cacher des pratiques néo-bureaucratiques de gouvernance par une évaluation et des procédures d’assurance-qualité envahissantes et/ou ressenties comme telles par les acteurs. »

Le café pédagogique termine son article par une question mettant en lien une autonomie accrue des établissements et une autonomie moindre des enseignants. Il me semble que ce débat est très franco-français, tant la « liberté pédagogique » est inscrite dans la culture enseignante et que toute « remise en cause » de celle-ci soulève des opposition, syndicales notamment (du moins pour les syndicats majoritaires et ceux qui les suivent sur une ligne conservatrice). D’ailleurs, dans la présentation de ce colloque, on peut lire :

Cette nouvelle gouvernance des systèmes éducatifs a été revendiquée depuis des décennies par une partie des professeurs, des chefs d’établissement et des associations professionnelles.

On ne peut pas dire qu’en France les professeurs et leurs représentants soient sur cette ligne.

J’ai mentionné dans quelques billets cette liberté pédagogique (notamment celui-ci, ou celui-là) qui est un réel frein au travail collectif au sein des établissements, alors même que les orientations pédagogiques d’un établissement devraient être l’objet d’une discussion collective. C’est ce à quoi devrait servir le Conseil pédagogique, qui a bien du mal à entrer dans les mœurs, ou toute autre instance. La question de la pédagogie, ou plutôt du projet pédagogique, concerne tous les acteurs de l’école, et pas uniquement les enseignants.

Les enquêtes PISA ont mis en évidence un lien fort entre l’autonomie pédagogique des établissements et la réussite des élèves. Il s’agit bien d’une autonomie pédagogique à l’échelon de l’établissement. Dans la plupart des pays, le rôle pédagogique des chefs d’établissement est reconnu, il ne pose pas de problème particulier (ce qui ne veut pas dire que tout est rose pour autant). Parfois il va même bien au-delà puisque certains recrutent et/ou licencient les enseignants. Mais il s’agit là davantage d’autonomie administrative. Or ces mêmes enquêtes PISA ne font pas de lien entre l’autonomie administrative des établissements et la réussite des élèves.

Je suis persuadé que ce qui manque le plus dans notre système éducatif, c’est cette dimension collective dans les établissements. J’ai rédigé un article à paraitre dans les Cahiers pédagogiques de ce mois, le titre qui m’a été proposé est « Et si on la jouait collectif ?« . Il me semble que c’est un bon titre (Merci à Christine Vallin de l’avoir suggéré) parce qu’il résume bien le fond de ma pensée.

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Photo credit: HikingArtist.com / Foter / CC BY-NC-ND

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