Les orphelins du numérique ont besoin de l’école

mai 18, 2015 · Posted in société, tice ta toile · Comment 

Assises du numérique 2015 – Grenoble

Je prends du retard sur ce blog. J’ai quelques articles à rédiger, mais je n’arrive pas à prendre le temps qu’il faut. Du coup, ce que je vais rapporter date de mars 2015, il s’agit des propos de Mme Catherine Becchetti-Bizot (Directrice du numérique pour l’éducation) qu’elle a tenu lors des Assises du numérique qui se sont déroulés à l’ESPE et à Canope de Grenoble. Elle est intervenue avec le recteur Daniel Filâtre en ouverture de journée. M. Filâtre a dit souhaiter un choc à l’école pour que le système éducatif prenne en considération ces nouveaux modes d’accès à la connaissance.

Mme Becchetti-Bizot a tordu le cou au concept de digital native (traduit souvent par natif du digital) popularisé par Mark Prenski. Ce concept est un mythe, car ce n’est pas parce un enfant nait dans un univers  numérique qu’il a les compétences pour évoluer dans cet univers. Ceci fait écho aux propos de Marcel Lebrun : nous sommes nés dans un univers où le livre et l’écrit était omniprésent, pour autant, il nous a bien fallu apprendre à lire, et ça s’est fait progressivement. Pourquoi en irait-il différemment pour le numérique ? C’est pourquoi elle préfère la notion de Orphelins du numérique. En effet, si nous laissons les jeunes se débrouiller seuls face au numérique, parce qu’ils seraient plus aptes que nous, nous les laissons en fait sans défense, sans repère dans un vaste monde où il est facile de se perdre.

Cette notion d’orphelins du numérique me semble très pertinente. Et elle plaide pour que l’école prenne à bras le corps l’éducation au numérique. Sinon, le fossé entre ceux qui ont les codes culturels de l’internet (milieux plutôt favorisés) et ceux qui ne les ont pas va s’accroitre. En tant qu’adultes, nous n’avons pas grandi avec le numérique, nous avons en quelque sorte pris le train en route. Par contre, nous avons les codes qui permettent une utilisation raisonnée, pertinente. Sont-ils si différents que ceux d’avant le numérique ?

L’école a le devoir d’accompagner ces orphelins du numérique.

Article de Bruno Devauchelle sur les fractures numériques cognitives

décembre 3, 2014 · Posted in société, tice ta toile · Comment 

Bruno Devauchelle a publié sur le site du Café pédagogique un article intitulé « Peut-on sortir des fractures numériques cognitives ?« . Je me permets de le reproduire ici (avec l’aimable autorisation de Bruno, que je remercie) car il fait écho à mes préoccupations sur le fossé culturel qui se creuse en ce qui concerne le (voir à ce sujet l’article de Internet Actu « Perdre son temps : la nouvelle fracture numérique« ).

Voici quelques extraits de l’article que je vous recommande de lire et mes commentaires :

 le numérique redonne de l’importance à l’image et au son, qui viennent compléter l’écrit.

« Le numérique augmente encore fortement cet accès aux savoirs en élargissant notablement l’espace de recherche, mais aussi en ajoutant à l’écrit les dimensions apportées par l’image, le son, l’animation, la vidéo. A la différence de l’écrit, l’image, le son, etc., sont accessibles d’une manière apparemment beaucoup plus simple et directe. Autrement dit l’accès à ces éléments est beaucoup plus immédiat que l’accès à l’écrit. On retrouve avec le multimédia ce qui a fait le succès des autres modes de transfert d’information, l’oral, l’image. Cette immédiateté est très séduisante, attirante pour celui qui lit peu ou pas. C’est probablement un des facteurs qui amènent le succès des écrans dans la population. Cela n’a pas supprimé l’écrit (Twitter, Facebook, sms…), mais cela l’a amené à ne plus être quasiment exclusif dans le cheminement vers les savoirs.  Mais si l’accès aux savoirs semble plus facile avec le multimédia en ligne, le passage du décodage à la compréhension reste difficile. L’information et la communication multimodales sont beaucoup plus complexes. C’est, semble-t-il, dans cette direction que se développent de nouvelles fractures liées aux usages du numérique. Ces nouvelles formes d’inégalités viennent renforcer les inégalités traditionnelles. »

Ensuite sont abordés les concepts d’ et de capabilité pour expliquer le potentiel que tout un chacun a de dépasser sa condition initiale et ne pas devenir « esclave du numérique ». J’ai abordé cette notion de l’empowerment dans deux précédents articles (ici et ici)

« Pour le dire plus simplement, il y a chez chaque humain un potentiel de dépassement de sa condition initiale. Cette vision assez individualiste, voire libérale pour certains, est le signe de la possibilité qu’il y a de ne pas être « esclave du numérique ». Ce discours donne espoir à l’éducateur confronté à des jeunes instrumentalisés parfois par les écrans. Mais comment concrétiser cet espoir au quotidien ? Certains proposent la notion d’engagement (pas au sens commun du terme). Ce terme qui recouvre un processus plutôt qu’un état, signifie « la capacité de quelqu’un à ne pas subir, mais, là aussi dépasser, ce qui est prévu pour lui ». Rendre possible « l’engagement » serait donc la première mission de l’éducateur. Travailler cette notion d’engagement est un vrai chantier pour des enseignants, des éducateurs, alors que la forme scolaire semble être un frein »

Liens :

Empowerment : kezako ?

octobre 26, 2014 · Posted in Ma veille, société · Comment 

Pour le colloque de l’ESEN (Le numérique en question), j’ai parlé de mon dossier sur le numérique à l’école, mais comme il date d’il y a deux ans, j’ai souhaité aller un peu plus loin, et je me suis aventuré sur le chemin de l’, terme que j’avais repéré déjà ici ou là, mais qui me semblait un peu compliqué à comprendre. Du coup, j’ai un peu creusé, et je livre ci-dessous des extraits tirés de quatre pages web. C’est une extraction de mes signets que je sauvegarde sur Diigo.

Ce que j’en retiens, c’est que le terme est difficilement traduisible en français, car aucune traduction ne rend compte de toutes les dimensions de l’empowerment. Le terme le plus proche du sens anglais serait « pouvoir d’agir« .

J’ai remarqué que ce concept était fréquemment dénoncé comme étant d’essence néo-libérale. Pourtant ce n’est pas forcément ce que j’en retiens. Le terme vient des mouvements d’émancipation de groupes minoritaires, notamment aux États-Unis : les noirs, les femmes. L’empowerment était invoqué pour aider ces groupes à s’émanciper collectivement plutôt que d’attendre que le pouvoir en place leur vienne en aide. L’idée de collectif était essentielle, et était liée à l’émancipation individuelle aussi. Autrement dit, l’émancipation individuelle passe par une lutte collective.

Cette idée a nourri aussi les luttes syndicales du XXè siècle et a été reprise par les mouvements d’éducation populaire.

La notion d’empowerment revient au goût du jour. Le discours néo-libéral la reprend volontiers à son compte, mais pour mettre en avant la responsabilité individuelle de chacun. C’est une vision bien restrictive de l’empowerment. Je préfère de loin la définition originale, et je pense qu’elle peut s’accorder avec des nouvelles pratiques numériques. Ça ouvre des perspectives pour une approche pédagogique renouvelée du numérique.

Vous trouverez ci-dessous des extraits de mes lectures (c’est une publication automatique depuis Diigo, ce qui explique la mise en page sommaire). Mais bien entendu, je vous invite à aller lire les articles à la source (en suivant les liens donnés) Read more

Socrate et le numerique | Eddie Playfair

octobre 26, 2014 · Posted in société, tice ta toile · Comment 

J’ai eu la chance d’avoir été invité au 4° colloque international de l’ESEN intitulé « Le numérique en question ». Je suis intervenu avec M. Eddy Playfair, chef d’établissement d’un lycée de Londres, situé dans un quartier difficile de la capitale. Je suis donc allé parcourir son blog

Eddy Playfair

et suis tombé sur un article qui m’a particulièrement interpellé : d’abord, il est écrit en Français, et M. Playfair est parfaitement bilingue ; ensuite, il reprend les paroles de Socrate, non pas à propos du numérique, mais à propos d’une précédente révolution, celle de l’écriture : Socrate et le numerique | Eddie Playfair.

Le dossier que j’avais réalisé sur le numérique à l’école débutait par cette anecdote, mais en beaucoup plus court. Avec l’autorisation de l’auteur, je reproduis le contenu de son article ci-dessous : Read more

Tour d’horizon sur la jeunesse : loin des clichés et des préjugés

octobre 24, 2014 · Posted in éducation, société · Comment 

Le dernier Dossier de veille que j’ai réalisé porte sur la . Je me suis un peu éloigné de l’école, mais pas tant que ça finalement : la jeunesse commence à se construire pour beaucoup à l’école.

J’ai pris beaucoup de plaisir à faire ce dossier, et j’ai beaucoup appris : d’abord, tout le monde n’est pas d’accord sur ce qu’est la jeunesse. Je ne parle même pas des différences entre les pays où les pyramides des âges sont inversées, qui de fait n’accordent pas le même statut à cette période de la vie. Pour moi, la jeunesse, c’était ce qui commençait après l’enfance. Mais ce n’est pas si simple. Si l’adolescence est effectivement perçue par certains comme « la première phase de la jeunesse », beaucoup estiment que la jeunesse commence après la scolarité obligatoire, ou après le lycée. La période entre 18 et 35 ans est souvent retenue pour parler de la jeunesse. Mais là encore, tout dépend des situations individuelles : un jeune de 23 ans, qui vit en ménage, a un enfant et un emploi stable sera considéré comme adulte, alors que l’autre de 35 ans, pas encore fixé, qui vit peut être chez ses parents ne le sera pas.

Je vous laisse découvrir ce dossier, dont je reproduis le résumé ci-dessous :

 

La jeunesse oscille entre la fascination et la peur qu’elle suscite dans la société : la volonté de rester jeune le plus longtemps possible se double de suspicion et de crainte envers cet âge difficile à cerner, que la société cherche à aider ou à canaliser.
Qui sont les jeunes ? Outre la difficulté à déterminer à quel moment commence et à surtout à quel âge se termine la jeunesse, cette dernière est difficile à appréhender : quelles sont les critères retenus pour définir cette période coincée entre l’enfance (ou l’adolescence) et l’âge adulte ? Si pour la Commission européenne est retenu l’âge de 14-25 ans, pour beaucoup d’auteurs, la tranche 18-35 ans paraît plus pertinente. Mais là encore, des différences existent entre pays, au sein du continent européen, mais encore plus entre les pays de l’hémisphère nord et ceux de l’hémisphère sud, tant les réalités sociales sont différentes.
Toujours est-il que la jeunesse fait dans nos sociétés occidentales l’objet de beaucoup d’attention de la part des politiques, locales, nationales et supranationales. Ces politiques révèlent la façon dont les sociétés perçoivent la jeunesse : soit cette dernière relève de la responsabilité des familles, soit de l’État, soit encore de la responsabilité individuelle du jeune. La perception qu’ont les jeunes de leur situation varie fortement d’un pays à l’autre : génération sacrifiée, peu sûre d’elle, devant s’affirmer face aux adultes déjà installés, ou génération positive, confiante, qui met à profit cette période pour « se trouver » et trouver sa place d’adulte dans la société. Les notions de dépendance et d’autonomie sont essentielles pour comprendre comment les jeunes naviguent entre deux âges et comment se passe la décohabitation (départ du domicile parental).
Mais sont-ils intrinsèquement différents de leurs aînés ? Cela ne se vérifie pas sur le plan des valeurs, qu’ils partagent avec leurs parents, rendant la distinction entre jeunes et adultes très floue. En fait, les différences sont plus fortes entre les jeunes de pays différents qu’entre les jeunes et leurs aînés au sein d’un même pays.
Pourtant, il semble que se dessine au fil du temps une jeunesse européenne, toujours plus ouverte à la différence, aux échanges, et plus prompte à communiquer avec ses pairs.
Le dernier Dossier de veille (n° 95) « Une jeunesse fantasmée, des jeunesses ignorées ? » se propose d’explorer cette période de la vie à partir de ce qu’en dit la recherche aujourd’hui.

 

 

Curated from ife.ens-lyon.fr

Pour citer ce dossier : Rémi Thibert (2014) . Une jeunesse fantasmée, des jeunesses ignorées ? . Dossier de veille de l’IFÉ, n°95
En ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=95&lang=fr

 

 

« Braconnage pédagogique » sur Twitter

juillet 17, 2014 · Posted in Ma veille, société, tice ta toile · Comment 

Réseaux sociaux: Les ados et l’intimité – Quel rapport avec le code ?

juin 8, 2014 · Posted in société, tice ta toile · Comment 

Un article de l’Express intitulé : Réseaux sociaux: « Les ados protègent mieux leur intimité que leurs parents » m’interpelle. Le contenu de l’article correspond au titre, et je suis assez d’accord avec ce qui y est dit en ce qui concerne le rapport entre sphère privée et sphère publique ou encore le fait que ce qui se joue en ligne n’est pas fondamentalement différent de ce qui se jouait ailleurs avant. Voici quelques extraits :

Au minimum, on peut dire qu’ils n’ont pas la même définition du partage entre sphère publique et privée que les adultes, de cette notion américaine de privacy que nous avons du mal à traduire en français.

 

Leur conception de ce qui est « privé » est différente, mais pas forcément plus faible que la nôtre. Nous, adultes, voyons les choses de manière individuelle. Les ados, eux, incluent leurs amis proches dans leur cercle privé

 

Je pense que ces plateformes n’ont pas créé ces pratiques. Les adolescents recherchaient la transgression avant elles. Seulement, les réseaux sociaux rendent ces comportements beaucoup plus visibles.

Par contre, la conclusion de l’article me laisse perplexe, d’autant que je ne vois pas le lien avec ce qui précède Read more

Chronique Éducation: École et innovation : je t’aime moi non plus… (article de Ph. Watrelot)

avril 14, 2014 · Posted in Ma veille, société · Comment 

picture by opensourceway (licence CC by-sa)

Un court billet pour me faire l’écho d’un billet (d’humeur) de Philippe Watrelot sur l’innovation, que je vous invite à lire dans son intégralité sur son blog.

Chronique Éducation: École et innovation : je t’aime moi non plus….

Je vous livre ci-dessous quelques extraits qu’il me plait de lire, et dont je partage les propos.

Après avoir dit que l’innovation, terme très en vogue en ce moment bien que « piégé », est une forme de déviance, il se demande comment il peut devenir une norme pour l’institution (voir le développement des services de l’innovation au sein de l’EN : DRDIE, CARDIE). En fait :

Les rebelles ne sont pas ceux qu’on croit.

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Arrêtons de parler de « nouvelles » technologies !

février 26, 2014 · Posted in société · Comment 

Hier, en écoutant France Inter (ou France Info, je ne sais plus), j’écoute Jean Zeid, qui est le monsieur « réseaux sociaux » de la maison ronde. Je connais Jean Zeid depuis assez longtemps, du temps où il tenait des chroniques sur les jeux vidéo sur Le Mouv’ notamment. Je sais qu’il est très présent sur différents réseaux sociaux en ligne. C’est son domaine, il connait et sait les utiliser.

C’est pourquoi j’ai réagi hier à sa chronique dans laquelle il a à plusieurs reprises utiliser le terme « nouvelles technologies ». Cette appellation n’a plus lieux d’être. On l’entend encore souvent dans la bouche de ceux qui regardent les usages numériques (qui eux sont assez nouveaux) avec suspicion, crainte, ou encore dédain. Il y en a encore beaucoup qui ne sont pas à l’aise avec ça. Je ne pense pas que ce soit le cas du chroniqueur. Je lui ai envoyé un tweet pour le lui dire. auquel il a répondu. Auquel j’ai répondu. Et auquel il a répondu.

 

 

 

 

 

 

Et là, Twitter a ses limites : pas facile d’argumenter en 140 caractères. D’où cet article, même s’il n’est pas très long.

Pour rappel, j’ai rédigé il y a plus d’un an un dossier qui fait l’état de lieux des recherches concernant le numérique à l’école. Je commence par retracer l’évolution sémantique de ce qui touche au  numérique : informatique, nouvelles technologies, TIC et TICE, pour finalement parler de numérique, qui englobe à la fois les outils, les infrastructure, l’organisation, les usages, etc. Le terme est beaucoup plus large et reflète bien le fait que le numérique a imprégné tous les pans de notre vie.

Parler aujourd’hui de « nouvelles technologies », c’est maintenir cette barrière qui empêche certains de s’emparer des ces nouveaux usages. Une technologie, c’est compliqué, il faut être ingénieur pour comprendre et s’en servir. Ça fait jargon, comme le médecin qui conserve un certain pouvoir en rendant ses propos hermétiques. Ça sépare ceux qui savent de ceux qui ne savent pas, ou qui ne peuvent pas savoir.

Contrairement à ce que le tweet de Jean Zeid le laisse supposer, je ne connais pas ces technologies. Angliciste de formation, je n’ai pratiquement pas touché d’ordinateur avant les années 2000, j’ai toujours regardé les lignes de codes, les langages informatiques avec suspicion et incompréhension. Les aspects technologiques me rebutent. Pourtant, avec les possibilités offertes par les réseaux, par Internet, j’ai développé (empiriquement) un vrai savoir faire en ce qui concerne certains usages numériques.

Donc, oui, je le maintiens, il faut arrêter de parler de « nouvelles » technologies. Les technologies évoluent, certes, mais je ne pense pas qu’elles soient si nouvelles. Des usages se développent, des outils apparaissent qu’on n’imaginait pas il y a quelques années (je pense aux smartphones et tablettes par exemple, où à tous les objets connectés), qui ont un réel impact sur les usages.

Je mentionnerai juste pour finir un rapport du Centre d’Analyses Stratégiques qui distingue trois fossés numériques : un fossé générationnel, qui tend à se résorber, notamment avec les outils mobiles ; un fossé social, qui tend lui aussi à se résorber, tant les équipements se développent, notamment via les smartphones ; en enfin un fossé culturel, qui lui est plus problématique : tout le monde n’a pas les mêmes usages de ces outils. Concentrons-nous sur ces usages, développons des usages « intelligents », raisonnés. L’école a du pain sur la planche en la matière, c’est même une sacrée responsabilité qu’elle a en la matière, pour que les gens cessent de parler de « nouvelles technologies », reportant les difficultés sur des aspects technologiques, comme si seuls les geeks pouvaient profiter de ces avancées.

Voilà ce que je voulais dire en quelques tweets, Monsieur Jean Zeid. Et je continue à vous écouter régulièrement sur Radio France. J’ai apprécié que vous répondiez (rapidement, qui plus est) à mon tweet. J’ose espérer que ce que je dis ne vous semblera pas incongru.

Discriminations et inégalités à l’école : Dossier de veille de l’IFÉ N°90

février 26, 2014 · Posted in éducation, société · Comment 

Le Dossier de veille de l’IFÉ du mois de février 2014 porte sur les discriminations à l’école. Alors que la lutte contre les discriminations à l’école devient une priorité nationale, tout le monde n’est pas d’accord sur l’existence de discriminations à l’école. Certains préfèrent parler d’inégalités, de ségrégation ou d’ethnicité. Pourtant, le système scolaire et les pratiques enseignantes peuvent être génératrice de discriminations, inconscientes et non intentionnelles, mais générant un sentiment d’injustice préjudiciable.

Voici le résumé du dossier :

La lutte contre les discriminations à l’école n’est devenue une préoccupation politique que récemment et s’inscrit dans une prise de conscience grandissante au niveau des instances internationales et européennes en particulier. En France, la loi de 2008 permet une mise en conformité avec le droit européen, et la loi d’orientation et de programmation du 8 juillet 2013 reprend à son compte la lutte contre les discriminations à l’école.

Si les discriminations directes dans l’Éducation ne sont pas très fréquentes, les discriminations indirectes et systémiques sont très difficiles à repérer. Le concept de discrimination ne fait d’ailleurs pas l’unanimité, certains préférant parler d’inégalités, d’équité, d’égalité des chances ou encore d’ethnicisation des rapports. En France, les recherches en sociologie ont longtemps privilégié les rapports entre classes sociales. Pourtant, le concept de discrimination permet de renouveler la manière d’aborder les inégalités.

L’école, de par la place particulière qui est la sienne, se fait l’écho des discriminations à l’œuvre dans la société, et par son fonctionnement institutionnel peut même renforcer ces discriminations, jusqu’au sein même des établissements et des classes, à travers des pratiques pédagogiques parfois bienveillantes, des préjugés non conscients ou encore des manuels scolaires qui reproduisent des stéréotypes.

Ce Dossier de veille fait un état des recherches actuelles sur cette problématique des discriminations à l’école, aussi bien en France qu’à l’étranger. Les pratiques pédagogiques, les fonctionnements des établissements et de l’institution, la question du « vivre ensemble » (avec le concept de laïcité) et de la mixité (sociale, sexuelle, ethnique, etc.) sont des pistes à travailler pour lutter efficacement contre les discriminations à l’école.

Le dossier est à télécharger sur le site Veille & Analyses de l’IFE (pdf de 24 pages), et des commentaires peuvent être laissés sur le blog Eduveille, sous l’article de présentation.

Une affiche est également disponible (ci-dessous) si vous souhaitez diffuser l’information dans vos établissements.

Affiche Dossier de veille de l’IFÉ n° 90 from Rémi Thibert

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