Persévérance scolaire

juillet 22, 2016 · Posted in éducation · Comment 

Je suis intervenu devant des IEN de la voie professionnelle dans le cadre du Plan national de formation, à Paris au début du mois, pour parler de persévérance scolaire. Approche différente, parce que plus positive, du décrochage scolaire à propos duquel j’interviens régulièrement depuis la publication de mon Dossier d’actualité « Décrochage scolaire : diversité des approches, diversité des dispositifs« . Pourtant, c’est bien de lutte contre le décrochage dont il s’agit, dans son volet prévention.

Je vous renvoie à l’article de blog que j’ai publié sur Éduveille, et vous propose ci-dessous le diaporama que j’ai présenté. Outre un bref rappel sur quelques chiffres du décrochage scolaire et une comparaison rapide avec d’autres pays, je rappelle que la notion de persévérance scolaire apparait explicitement dans la lettre de rentrée 2016-2017 de Mme la ministre, avec une insistance particulière sur la voie professionnelle,  et a fait pour la première fois l’objet d’une semaine dédiée cette année dans chaque académie.

Je présente la définition donnée par le CREPAS (Conseil régional de prévention de l’abandon scolaire – Saguenay-Lac Saint Jean) où la persévérance concerne la « poursuite d’un programme d’étude en vue de l’obtention d’une reconnaissance des acquis », le raccrochage ainsi que la « réinscription d’un individu à un programme d’études après une période d’absence plus ou moins longue ». La persévérance scolaire n’est pas synonyme de réussite scolaire, il s’agit d’encourager les jeunes et de les soutenir. Cela passe par une amélioration des conditions de vie et d’un bien-être psychologique. En fait, en France, on parlerait de climat scolaire. Read more

Intervention au colloque de l’AFDET : décrochage scolaire

avril 24, 2014 · Posted in éducation · Comment 

AFDET

Je suis intervenu au colloque de l’AFDET en octobre 2013, qui avait pour intitulé « Gagner contre le décrochage scolaire, assurer une qualification : le pari est possible ». J’y ai présenté mon dossier sur le décrochage scolaire.

L’AFDET publie un Hors Série à sa revue « L’enseignement technique » avec les actes de ce colloque (mars 2014). Mon intervention y est intégralement retranscrite. Elle peut être lue ci-dessous

 

Afdet actes-colloque-2013-thibert.

Afdet actes-colloque-2013-thibert from Rémi Thibert

Discriminations et inégalités à l’école : Dossier de veille de l’IFÉ N°90

février 26, 2014 · Posted in éducation, société · Comment 

Le Dossier de veille de l’IFÉ du mois de février 2014 porte sur les discriminations à l’école. Alors que la lutte contre les discriminations à l’école devient une priorité nationale, tout le monde n’est pas d’accord sur l’existence de discriminations à l’école. Certains préfèrent parler d’inégalités, de ségrégation ou d’ethnicité. Pourtant, le système scolaire et les pratiques enseignantes peuvent être génératrice de discriminations, inconscientes et non intentionnelles, mais générant un sentiment d’injustice préjudiciable.

Voici le résumé du dossier :

La lutte contre les discriminations à l’école n’est devenue une préoccupation politique que récemment et s’inscrit dans une prise de conscience grandissante au niveau des instances internationales et européennes en particulier. En France, la loi de 2008 permet une mise en conformité avec le droit européen, et la loi d’orientation et de programmation du 8 juillet 2013 reprend à son compte la lutte contre les discriminations à l’école.

Si les discriminations directes dans l’Éducation ne sont pas très fréquentes, les discriminations indirectes et systémiques sont très difficiles à repérer. Le concept de discrimination ne fait d’ailleurs pas l’unanimité, certains préférant parler d’inégalités, d’équité, d’égalité des chances ou encore d’ethnicisation des rapports. En France, les recherches en sociologie ont longtemps privilégié les rapports entre classes sociales. Pourtant, le concept de discrimination permet de renouveler la manière d’aborder les inégalités.

L’école, de par la place particulière qui est la sienne, se fait l’écho des discriminations à l’œuvre dans la société, et par son fonctionnement institutionnel peut même renforcer ces discriminations, jusqu’au sein même des établissements et des classes, à travers des pratiques pédagogiques parfois bienveillantes, des préjugés non conscients ou encore des manuels scolaires qui reproduisent des stéréotypes.

Ce Dossier de veille fait un état des recherches actuelles sur cette problématique des discriminations à l’école, aussi bien en France qu’à l’étranger. Les pratiques pédagogiques, les fonctionnements des établissements et de l’institution, la question du « vivre ensemble » (avec le concept de laïcité) et de la mixité (sociale, sexuelle, ethnique, etc.) sont des pistes à travailler pour lutter efficacement contre les discriminations à l’école.

Le dossier est à télécharger sur le site Veille & Analyses de l’IFE (pdf de 24 pages), et des commentaires peuvent être laissés sur le blog Eduveille, sous l’article de présentation.

Une affiche est également disponible (ci-dessous) si vous souhaitez diffuser l’information dans vos établissements.

Affiche Dossier de veille de l’IFÉ n° 90 from Rémi Thibert

Cardie de Lyon : état des lieux du décrochage

décembre 20, 2013 · Posted in éducation · Comment 

J’ai été sollicité par le CARDIE de Lyon (merci @MyriamMazoyer) pour faire une présentation du dossier sur le décrochage scolaire aux équipes des établissements de l’académie qui montent et font vivre des projets visant à prévenir le décrochage de leurs élèves. Cette présentation a eu lieu au collège Aimé Césaire de Vaulx-en-Velin, devant une douzaine d’équipes venant des trois département de l’académie.

J’ai remanié ma présentation sur laquelle je me base en insistant davantage sur ce qui se joue au sein de l’établissement et de la classe. J’ai rajouté des diapositives sur la bienveillance, qui peut faire baisser par deux le taux de décrochage sur un établissement, sur le développement de facteurs de résilience à développer chez les élèves (resilience-based curriculum dans le comté de Milwaukee aux États-Unis par exemple). Le souci de répondre aux besoins des élèves est aussi un élément favorable à la persévérance scolaire.

Le diaporama se trouve ci-dessous et est téléchargeable.

2013 12-17-cardie-lyon-décrochage from Rémi Thibert

L’école : facteur de décrochage – Les Cahiers pédagogiques

décembre 13, 2013 · Posted in éducation · Comment 

J’ai rédigé un article pour les Cahiers pédagogiques (N° 509, décembre 2013) intitulé « L’école : facteur de décrochage », publié en ligne sur leur site. Il est basé sur le Dossier d’actualité que j’ai rédigé en novembre 2012 (lire à ce propos) intitulé « décrochage scolaire : diversité des approches, diversité des dispositifs« .

J’en profite pour vous inviter à lire ce numéro dont le dossier s’intéresse à « ce qui fait changer un établissement« . Il a été réalisé en partenariat avec Education & Devenir.

Décrochage scolaire : état des lieux

juillet 9, 2013 · Posted in éducation, société · 1 Comment 

Suite à la publication du dossier d’actualité n° 84 « Décrochage scolaire : diversité des approches, diversité des dispositifs« , je suis régulièrement sollicité pour présenter un état de l’art de la recherche sur ce sujet. La présentation qui suit (voir diaporama ci-dessous) reprend les grandes lignes du dossier et a servi de base pour les interventions au CR-DSU de Lyon qui proposait une journée de travail sur « la place du PRE 16/18 ans dans la lutte contre le décrochage scolaire » et pour le séminaire thématique de l’agence 2e2f « Expérimentons en Europe contre le décrochage scolaire ».

Chiffres et définitions

Commençons par un travail de définition : la France a longtemps comptabilisé le nombre de sortants du système scolaire sans diplôme ou avec seulement le diplôme national du brevet. C’est ainsi que dans les années 70, le nombre de jeunes sans diplôme étaient de 200 000. Il était de 122 000 dans les années 2000 (17% sans diplôme et 9% avec le brevet). Sous l’impulsion européenne (et les objectifs de Lisbonne en 2000), la France passe de la notion de non-qualification à la notion de décrochage scolaire, en adoptant aussi la définition européenne qui comptabilise les sortants précoces du système scolaire (ESL : early school leavers). Il s’agit des adultes entre 18 et 24 ans avec une qualification inférieure à l’enseignement secondaire supérieur (lycée) et qui ne sont pas dans un programme d’enseignement ou de formation durant une période de référence de 4 semaines qui précède le sondage.
Avec ce critère, le taux de décrochage était de 13,3% en 2000, 11,5% en 2008, 12,6% en 2010 pour redescendre à 11,6% en 2012. Il est à noter que dans tous les pays, le décrochage concerne davantage les garçons que les filles (respectivement 13,4% et 9,8% pour la France, 20,1% et 12,6% pour le Québec par exemple). L’objectif de la France est de ramener à 9,5% le taux de décrochage, alors qu’il est d’atteindre les 10% en moyenne pour l’Europe.
Les pays européens, avec un taux moyen d’environ 12% offrent des situations variées : l’Espagne et le Portugal ont des taux très élevés (autour de 20%) avec une situation particulière liée à l’emploi saisonnier des jeunes : les décrocheurs pouvaient trouver facilement du travail dans l’industrie du tourisme. C’est beaucoup moins vrai depuis que la crise a frappé de plein fouet ces pays. L’italie et la Roumanie sont aux alentours de 17,5%. Les Pays-Bas sont à 9,5%, le Luxembourg à 6,2%, la Slovénie, la Slovaquie, la République Tchèque, la Pologne ou encore la Lituanie se situent entre 4,5% et 6,5%. Si le Danemark et l’Autriche ont des taux inférieurs à la moyenne européenne (respectivement 9,6% et 8,3%), la situation des jeunes qui entrent sur le marché du travail est préoccupante puisqu’il s’avère qu’ils ont de très faibles compétences pour 22% et 27,6% d’entre eux. Malgré un taux de décrochage peu élevé, l’insertion professionnelle des jeunes est problématique pour bon nombre d’entre eux.

Des réalités diverses

La notion de décrochage est diversement appréciée : au Québec, sont décrocheurs les jeunes qui quittent l’école sans diplôme à 17 ans. Le décrochage peut être temporaire alors que l’abandon scolaire est définitif. Les québécois parlent aussi de désaffiliation, de désengagement ou encore d’anorexie intellectuelle. En Belgique, sont décrocheurs les jeunes en âge scolaire qui ne sont ni inscrits en formation ni instruits. Ceux qui ont plus de 20 demi-journées d’absence sont aussi considérés comme décrocheurs. Aux Etats-Unis, ce sont ceux qui ne terminent pas leurs études secondaires.
Les termes utilisés sont variés eux aussi : dropouts, excluded, early leavers ou NEET (pour Not in employment, éducation or training) en Angleterre ; désertion ou évasion au Brésil (ces termes ont été abandonnés récemment) ; démobilisation, désengagement, déscolarisation, abandon scolaire, décrochage passif, actif, de confort ou de motivation, etc.
Certains estiment que le terme de décrochage scolaire n’est qu’un mot politiquement correct pour parler d’inadaptation ou d’échec scolaire.

En France, même si dans la loi de 1989 il est stipulé qu’aucun élève ne doit sortir du système scolaire sans diplôme, c’est l’AFEV avec la première journée du refus de l’échec scolaire en 2008 qui médiatise la notion de décrochage scolaire. Le SIEI (système interministériel d’échange d’informations) est créé en 2011 pour réduite l’hétérogénéité des méthodes de calcul et mieux recenser les jeunes en situation de décrochage. Ces jeunes repérés sont ensuite pris en charge par les plateformes de suivi et d’appui aux décrocheurs. Le SIEI a recensé 254000 décrocheurs en 2011.

Un processus multifactoriel

Le décrochage s’explique par un processus multifactoriel. Les principales variables sont dans l’ordre d’importance le climat scolaire, les comportements agressifs, la dépression, le déficit d’attention et enfin le fonctionnement familial. Les causes sont de deux ordres :

  • causes internes au système scolaire : organisation (en groupes classe, emploi du temps « saucissonnés », etc), multiplicité des intervenants, filières séparées et hiérarchisées, orientation subie, climat scolaire, ennui, pratiques pédagogiques, relations entre élèves et entre élèves et adultes, sentiment d’appartenance scolaire inexistant, etc. Les systèmes fonctionnant avec des ruptures (France, Allemagne, Autriche par exemple) notamment pour l’orientation (cas de la classe de 3è en France) favorisent les situations de décrochage, plus que les systèmes qui envisagent l’orientation comme un parcours, un processus long (le Québec parle d’école orientante). Les ruptures en France existent au moment des passages primaire / secondaire, collège / lycée, enseignement général / voie professionnelle, école / monde du travail, enseignement secondaire / université.
  • causes externes au système scolaire : facteurs familiaux et sociaux, facteurs internes au décrocheurs (comportement, psychologie, performance scolaire, familles).

Un problème global

Le décrochage ne concerne pas que l’école, c’est un problème global qui concerne toute la société. Le monde politique s’est occupé de ce problème parce qu’un lien supposé existerait entre l’absentéisme et la délinquance. Ce lien n’est pas avéré, sauf dans les quartiers difficiles. Notons qu’il est impossible d’avoir une idée précise du taux d’absentéisme en France, tant les situation varient d’un type d’établissement à l’autre.
Des raisons sociales et économiques expliquent aussi que le décrochage soit devenue une priorité nationale : l’insertion professionnelle de jeunes décrocheurs est plus difficile, le taux de chômage est plus élevé, les emplois sont plus précaires et la mobilité professionnelle plus difficile. Les jeunes décrocheurs sont aussi ceux qui sont plus sujets à des conduites à risques, qui connaissent les plus forts taux de grossesses non désirées ou encore de suicides. Leur participation à la vie sociale est moindre aussi. Autant de difficultés qui se cumulent alors que les attentes professionnelles et sociales valorisent toujours plus l’autonomie et la compétitivité.
Au Québec, il est estimé qu’une cohorte de décrocheurs coûte 1,4 milliards d’euro par an.

Faut-il pour autant focaliser sur le décrochage ? N’est-ce pas occulter les causes réelles qui sont à traiter bien en amont (je vous invite à lire le dossier de Annie Feyfant sur le décrochage cognitif). Le décrochage est-il un symptôme annonciateur de quelque chose ou plutôt une conséquence d’autre chose ? Quelle prévention faire ? Des pistes existent qui ont fait la preuve de leur efficacité dans certains cas : des pédagogies alternatives, l’approche par compétences qui permet de donner du sens aux apprentissages, une organisation scolaire différentes, avec un management plus collectif notamment.
Au niveau européen, la lutte contre le décrochage concerne soit la prévention (les actions mises en place concernent tous les élèves), l’intervention (elles concernent des élèves repérés et ciblés) et la compensation (réparation à postériori). Cette dernière approche, historiquement la plus présente, est nécessaire mais plus coûteuse et donne de moins bons résultats.

Répondre aux besoins des élèves

Il apparait que le décrochage scolaire s’explique en grande partie par une non prise en compte des besoins des élèves. Répondre à leurs besoins s’avère une nécessité :

  • besoin de sécurité ;
  • besoin d’une relation de qualité ;
  • besoin d’adultes bienveillants et structurants (la question de la bienveillance est ignorée en France, contrairement aux pays anglo-saxons où elle fait partie des missions des enseignants) ;
  • besoin de dignité et de justice ;
  • besoin de sens.

Bon nombre de pays organisent un accompagnement des élèves pendant leurs scolarité. Cet accompagnement peut être fait à l’intérieur de l’établissement mais il est souvent pris en charge par des professionnels extérieurs à l’école : psychologues, éducateurs, personnels du monde de la santé ou de la justice. Il s’agit par exemple des care-committees aux Pays-Bas. L’accompagnement s’appelle guidance au Danemark, coaching en Autriche. En Espagne, on parle de tutorat ou de mentorat.

Des alliances éducatives territorialisées

La lutte contre le décrochage mêle différents acteurs, d’origines différentes (institutions, collectivités, associations locales et/ou nationales, etc.) sans que ceux-ci se connaissent ou se coordonnent. On assiste à un effet mille-feuille qui n’aide pas à rendre lisible ni efficace ce qui est entrepris, avec parfois des redondances dans les prises en charge, ou encore des jeunes qui échappent à tous les dispositifs. C’est pourquoi il apparait nécessaire de territorialiser la prise en charge du décrochage, en y associant tous les acteurs et afin de mettre en cohérences ce qu’ils font. Les Québécois vont plus loin, et plutôt que de parler de collaboration, ils mettent en place des alliances éducatives.

Les alliances supposent un investissement fort des acteurs en fonction d’un but alors que l’idée de collaboration implique la complémentarité entre professionnels.

Les acteurs doivent accepter de revoir les limites de leurs prérogatives pour travailler en cohérence avec les autres De telles alliances éducatives permettent d’avoir une vision globale de la situation d’un jeune, de mettre en place un dispositif ponctuel, d’avoir une influence sur l’établissement et d’évaluer plus facilement les impacts des politiques sectorielles.
Les alliances éducatives se déclinent selon deux approches qui sont complémentaires :

  • une approche scolaire : le but est la réussite scolaire, le décrochage est vu comme un problème scolaire et familial ;
  • une approche communautaire : l’alliance se fait plutôt au niveau du périscolaire, et le décrochage est perçu comme un problème social qui concerne toute la société.

Les alliances éducatives peuvent concerner le jeune, sa famille et l’école (niveau micro), les sphères sociale, judiciaire et de la santé (niveau méso), ou les dispositifs communautaires, en y incluant largement le monde économique (niveau macro).

Bibliographie

2013 07-2e2f-présentation-décrochage from Rémi Thibert

Décrochage scolaire : téléchargez l’affiche du DA n°84

mai 12, 2013 · Posted in éducation, société · Comment 

Le dossier d’actualité n°84 sur le décrochage scolaire vous a intéressé ? N’hésitez pas à le faire connaitre autour de vous. Plutôt que de l’imprimer en plusieurs exemplaires (il est assez long en plus), pensez plutôt à imprimer le document ci-dessous pour l’afficher où bon vous semblera. Outre un court résumé, on y trouve les QR Codes et les url pour télécharger le document et visiter les sites du service Veille & Analyses de l’IFE.

DA-84-décrochage-affiche from Rémi Thibert

Décrochage scolaire : accompagner les moments de rupture

mai 7, 2013 · Posted in éducation, société · Comment 

image tirée de http://apsyucl.be

Le dernier Dossier d’actualité de l’IFÉ (Veille & Analyses) que j’ai réalisé traite du décrochage scolaire dans le secondaire : « Le décrochage scolaire : diversité des approches, diversité des dispositifs« . Il s’inscrit dans la suite du dossier réalisé par Annie Feyfant sur les élèves à risque de décrochage, qui ciblait essentiellement l’école primaire.

Outre la diversité des définitions, des situations et des moyens de lutter contre le décrochage scolaire, qui concerne tous les pays, on peut repérer des traits communs. L’orientation vers la voie professionnelle est fortement liée à une hausse du risque de décrochage, que cette orientation ait lieu très tôt comme en Allemagne ou en Autriche ou bien plus tard.

Les périodes de transition sont aussi des moments délicats : transition primaire / secondaire ; transition secondaire inférieur / secondaire supérieur (à l’âge en général de la fin de la scolarité obligatoire) ; transition enseignement général / enseignement professionnel ; transition formation initiale / marché du travail. Des pays travaillent d’ailleurs plus spécifiquement sur ces transitions en proposant des accompagnements divers et variés (tutorat, suivi individualisé, interne ou externe à l’école, etc.). Une façon de limiter l’impact des ces étapes de transition est de travailler l’orientation sur du long terme et d’avoir une école orientante (Québec) plutôt que des ruptures soudaines.

La lutte contre le décrochage scolaire est généralement du ressort de divers acteurs (Éducation nationale, collectivités locales, associations, etc.) qui interviennent simultanément mais pas de façon concertée, rendant les prises en charge bien moins efficaces. De nouvelles alliances éducatives se mettent en place, à l’instar de ce qui se passe au Québec, qui nécessitent une coopération large avec une redéfinition des prérogatives de chacun : enseignants, institutions, collectivités locales, tissus économique, associations, parents, etc. Cette prise en charge est territorialisée.

Le résumé du dossier a été reproduit ci-dessous, il est téléchargeable sur le site du service Veille & Analyses. Pour le citer :

Thibert Rémi (2013). Le décrochage scolaire : diversité des approches, diversité des dispositifs. Dossier d’actualité Veille & Analyses IFE, n°84, mai. Lyon : ENS de Lyon.
http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=84&lang=fr

Dans la suite du Dossier sur la prévention précoce du décrochage cognitif (n° 80, Feyfant, 2012), nous abordons dans celui-ci les différentes actions de lutte contre le décrochage lorsque celui-ci apparaît, en général aux moments de rupture dans l’enseignement secondaire. Après un état des lieux à l’international, nous nous attarderons sur les causes directement liées à l’École : absentéisme, ennui, climat scolaire, orientation, etc. La lutte contre le décrochage oscille entre réparation et prévention, cette dernière prenant de plus en plus d’importance car jugée plus efficace et moins onéreuse. De nombreux dispositifs existent, internes à l’école ou externe au système scolaire traditionnel, mais ils ne sont pas suffisamment nombreux pour prendre en compte tous les élèves à risque. L’école ne peut pas être la seule entité à trouver des solution, il devient nécessaire de repenser la prévention du décrochage et la prise en charge des décrochés de manière beaucoup plus globale, en mettant en place des nouvelles alliances éducatives, inscrites dans un territoire donné, entre les acteurs concernés par cette problématique : école, institution, collectivités locales, parents, tissus économique et associatif, etc., afin d’éviter les effets mille-feuilles et les pertes d’énergie.

Décrochage scolaire from Rémi Thibert